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  • Plüm-Plüm

Fleuves du dedans

Mis à jour : avr. 14

Fleuves du dedans en trop plein condensés,

Fluides impétueux aux couleurs boueuses

Se déversent et roulent, vagues douteuses

En larges tourbillons essoufflés. Tantôt remous âcres et acides,

Tantôt coulées de laves insipides,

De part en part traversant

Ce sapiens de misère, nu et cru,

Qui erre du levant au couchant ;

Cet amas de chairs dolentes,

Ce corps suspendu

En un lieu inconnu,

Cette carcasse suffocante,

Dans un temps distendu,

Cet entassement d'atomes,

De particules tortueuses,

De membranes défectueuses,

Qui rejette ses mucosités fantômes

Par tous les pores, les orifices

Fissures, ouvertures et interstices. Ces sécrétions expulsées génèrent des sonorités,

Qui les unes avec les autres, copulantes,

Enfantent d'ariettes trébuchantes. A qui mieux mieux

Elles célèbrent les abîmes

De notre Sapiens vieux,

De nos fleuves intimes

Coulants par nos corps caverneux.

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